LE LIERRE TERRESTRE

Lierre terrestre en fleur au printemps au jardin forêt

Discret, souvent caché au bord des chemins, dans les haies ou les sous-bois il s’invite volontié dans les jardins et vergers, le lierre terrestre est une plante sauvage qui mérite d’être redécouverte.

Au printemps, ses petites fleurs bleues- violettes illuminent les talus et les lisières. Son parfum puissant et légèrement mentholé en fait une plante aromatique originale, aussi intéressante en cuisine que dans les traditions populaires.

Lierre terrestre en fleur au printemps au jardin forêt
Lierre terrestre en fleur au printemps au jardin forêt

Comment reconnaître le lierre terrestre ?

Le lierre terrestre est une petite plante vivace rampante qui forme rapidement de beaux tapis végétaux. Ses longues tiges courent au ras du sol avant de se redresser sur une vingtaine de centimètres pour porter les fleurs.

Ses feuilles, presque circulaires, sont légèrement crénelées et disposées par paires le long des tiges. Au printemps apparaissent de petites fleurs bleu violacé, regroupées par deux ou trois à l’aisselle des feuilles.

Lorsqu’on froisse délicatement ses feuilles, le lierre terrestre dégage un parfum très caractéristique, à la fois mentholé, légèrement citronné, avec des notes de sous-bois et d’humus. Une odeur surprenante qui en fait une plante aromatique originale et facile à reconnaître.

Quand le cueillir ?

Le lierre terrestre se cueille principalement au printemps, dès l’apparition des premières fleurs. C’est à cette période que je préfère le récolter pour la cuisine : son parfum est alors particulièrement frais, subtil et agréable.

Pour les tisanes, la récolte peut se poursuivre après la floraison. Les feuilles restent intéressantes, même si leur saveur devient un peu moins fraîche au fil de la saison.

Comme pour toutes les plantes sauvages, je prélève avec modération afin de préserver les stations et de permettre à la plante de continuer à se développer naturellement.

Le lierre terrestre en cuisine

fromage de chèvre au lierre terrestre

En cuisine, j’utilise principalement les jeunes feuilles crues, finement ciselées, pour relever une salade ou parfumer un fromage frais, notamment un fromage de chèvre.

L’important est de bien le doser. Son parfum est puissant et peut vite devenir envahissant. Utilisé avec parcimonie, il apporte au contraire une belle fraîcheur et une grande finesse aux préparations.

Les petites fleurs bleu violacé sont également comestibles. Elles décorent joliment les salades et ajoutent une touche de couleur au printemps.

Les feuilles peuvent aussi être utilisées cuites, par exemple dans une soupe, ou infusées seules ou en mélange avec d’autres plantes pour préparer une tisane. J’aime également les incorporer dans un beurre composé pour accompagner des légumes ou des pommes de terre.

Parmi mes préparations préférées, il y a un gâteau au chocolat parfumé au lierre terrestre, dont les notes fraîches et légèrement mentholées se marient étonnamment bien avec le cacao. Je prépare aussi un tiramisu à l’infusion de lierre terrestre, une recette originale qui surprend toujours les gourmands .

Comment le conserver ?

Une fois bien séché, je l’utilise dans mes tisanes, en association avec d’autres plantes, mais aussi dans plusieurs de mes préparations culinaires, notamment le Gomasio des Collines, auquel il apporte sa saveur fraîche et légèrement mentholée.

En infusion, le lierre terrestre peut également se déguster seul. J’apprécie particulièrement cette tisane en été : sa saveur rafraîchissante en fait une boisson simple et agréable, chaude ou légèrement refroidie.

Le séchage est une méthode de conservation qui préserve bien les qualités aromatiques de cette plante et permet de retrouver facilement son parfum au fil des saisons. 

Au fil de mes cueillettes

Le lierre terrestre est une plante que j’aime particulièrement. Discrète, généreuse et facile à vivre, elle fait partie des premières fleurs du printemps. À une période où les ressources sont encore rares, elle offre aux abeilles et à de nombreux insectes butineurs une précieuse source de nectar.

Au jardin-forêt, je l’ai laissée s’installer naturellement je la retrouve partout. Elle joue le rôle d’un couvre-sol vivant, apporte une touche de couleur dès les premiers beaux jours et participe à la biodiversité du jardin. Elle régale les insectes… et les humains !

C’est aussi la première plante que je cueille chaque année. Pour moi, elle marque le véritable début de la saison des cueillettes.

Le lierre terrestre s’adapte facilement à différents milieux. Il supporte le soleil, mais je le trouve particulièrement beau et vigoureux au bord de l’eau ou dans les zones fraîches et humides, où il forme de magnifiques tapis fleuris.

Même après toutes ces années, j’éprouve toujours le même plaisir à voir apparaître ses premières fleurs. Elles annoncent le réveil de la nature… et le début d’une nouvelle saison de découvertes.

USAGE TRADITIONNELS DU LIERRE TERRESTRE

Le lierre terrestre, une plante des traditions populaires

Le lierre terrestre occupait une place discrète mais constante dans les traditions populaires européennes. On le retrouvait volontiers dans les préparations en infusion, où il était associé au bien-être respiratoire et digestif, notamment dans les campagnes où il poussait en abondance près des habitations. Certains l’appelaient autrefois « herbe de la Saint-Jean » ou « courroie de Saint-Jean », en lien avec les rituels et cueillettes traditionnelles pratiquées autour du solstice d’été.

Sa réputation d’ »herbe à tout faire » dans la pharmacopée populaire tenait autant à sa disponibilité qu’à la diversité de ses usages : en tisane du quotidien, en cataplasme, ou simplement mâché en petite quantité par les cueilleurs de passage. Ces usages relèvent avant tout de savoirs traditionnels transmis oralement, et non de propriétés médicalement démontrées — une nuance importante à garder en tête aujourd’hui, dans une approche de bien-être et de plaisir plutôt que de visée thérapeutique.

LE SAVIEZ VOUS

Malgré son nom, le lierre terrestre (Glechoma hederacea) n’a aucun lien avec le lierre grimpant (Hedera helix), qui est toxique. Il appartient à la grande famille des Lamiacées, qui regroupe de nombreuses plantes aromatiques et médicinales bien connues, comme la mélisse, les menthes, le thym ou encore la sauge.

Bien avant l’utilisation du houblon, le lierre terrestre servait à parfumer et à conserver la bière. Son ancien nom anglais, alehoof (que l’on peut traduire par « sabot de la bière »), témoigne encore aujourd’hui de cet usage traditionnel.

Cette petite plante était également entourée de nombreuses croyances populaires. Dans certaines régions d’Europe, on la considérait comme une plante protectrice et bienfaisante. On la glissait notamment sous la couche des jeunes mères après l’accouchement, dans l’espoir de favoriser leur rétablissement.

Ces usages appartiennent aux traditions populaires et au patrimoine ethnobotanique. Ils sont rapportés à titre historique et culturel.

Pour aller plus loin

Vous retrouverez prochainement plusieurs recettes utilisant le lierre terrestre ainsi que mon Gomasio des Collines, dans lequel cette plante aromatique apporte une note originale et sauvage.

Parce que certaines plantes discrètes sont parfois celles qui nous réservent les plus belles découvertes.

Les Cueillettes de Claire

Cultivons le sauvage.

Le goût authentique des plantes, de la cueillette à la tasse… et à l’assiette.

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